Si on s’aimait.

Quel titre puissant de l’auteure et sexologue Louise Sigouin, un livre qui permet de catégoriser en 5 grands types nos relations de couples.

Voici un court résumé qui vous permettra d’identifier vos enjeux mais aussi des solutions pour arriver à vous rejoindre malgré vos différences.

1) Dépendant et codépendant

Le dépendant cherche à l’extérieur de lui-même des façons de fuir le mal-être. Tandis que le codépendant va favoriser le bien-être de l’autre au détriment du sien.

Le dépendant est centré sur ses besoins tandis que le codépendant est centré sur le besoin de l’autre.

Le dépendant exprime facilement ses insatisfactions tandis que le codépendant c’est tout le contraire.

Le dépendant attend que l’autre s’occupe de ses besoins non comblés tandis que le codépendant connaît mal ses besoins ou les minimise.

Le dépendant se sécurise dans le regard de l’autre tandis que le codépendant se sent coupable de s’occuper de lui-même au détriment de l’autre.

Le dépendant a besoin de la reconnaissance des autres pour se sentir légitime d’exister tandis que le codépendant a besoin de s’occuper de quelqu’un d’autre pour se sentir exister.

Le couple dépendant-codépendant

La relation se bâtit autour de deux personnes qui semblent être présente une à l’autre mais ils ne sont pas disponibles émotivement. Et tous deux sont irresponsables face à la satisfaction de leur besoins.

Prenons par exemple Sophie et Martin qui vivent ensemble depuis 4 ans, Martin est un gars actif, il joue au hockey 3 fois par semaines, il organise des soirées de poker tous les samedis avec son gang d’amis, il travaille à temps plein et s’occupe de sa maman malade avec qui il soupe tous les dimanches.

Sophie, elle travaille à temps plein et voit ses copines de temps en temps et rêve de passer du temps avec Martin le plus souvent possible. Elle s’occupe de la maison et des repas et attend silencieusement que Martin prenne du temps pour être avec elle. La santé du couple est en détresse.

Pour mettre le couple en valeur, le dépendant devra être plus à l’écoute des besoins du codépendant qui lui devra être plus à l’écoute de ses propres besoins et les exprimer. En priorisant l’amour que le couple a l’un pour l’autre, il sera plus facile d’y arriver quand les anciens patterns referont surface.

2) Fusionnel et solitaire

Le fusionnel est celui qui allume le feu dans le couple et nourrit la flamme. Il veut être lié amoureusement à un autre être humain, autour de qui organisera sa vie.

Le solitaire est presque l’opposé du fusionnel. Il a besoin de savoir qu’il peut se réaliser dans toutes les facettes de sa vie pour se rendre entièrement disponible à sa vie amoureuse.

Le couple fusionnel-solitaire

Le fusionnel a une idée très claire de ce que doit être une relation amoureuse, comme s’il existait un grand code universelle des lois de l’amour. Tandis que le solitaire a besoin de temps seul, il a besoin de s’isoler, se couper par la technologie par exemple.

Plus le fusionnel est insistant à vouloir créer des moments de rapprochement, plus le solitaire souhaite prendre ses distances.

Prenons Marc et Karine qui sont en couple depuis 5 ans. Tous les deux sont des professionnelles travaillant à temps plein. Karine termine plus tôt que Marc c’est donc elle qui prépare le repas pour toute la famille. Quand Marc arrive, elle est prête à passer à table alors Marc et les enfants s’installent pour manger mais Marc n’est présent que physiquement, il est plutôt silencieux. Karine se sent seule, elle aurait envie de discuter avec Marc et se coller dès que les enfants seront couchés. Mais Marc a plus envie d’écouter la télévision et lire des articles sur son ordinateur.

Pour ce couple, le défi sera de trouver l’équilibre, le juste milieu. Pour le fusionnel ce serait d’exprimer clairement son besoin de passer du temps de qualité avec l’autre et laisser le temps et l’espace au solitaire pour s’ennuyer. De son côté, le solitaire doit prendre un peu de temps pour nourrir son désir de l’autre ce qui lui est impossible si le fusionnel est trop insistant. Le solitaire doit comprendre ce besoin et prioriser un peu plus sa vie de couple. Et le fusionnel doit se permettre d’autres activités sans se soucier de l’autre juste parce qu’il en a envie.

3) Rationnel-émotif

Le rationnel aborde la vie en tentant de la comprendre intellectuellement et de l’expliquer en parole. Il a besoin de faits et de détails pour comprendre le monde qui l’entoure et se sécuriser.

L‘émotif à l’opposé perçoit d’abord le monde par intuition, à travers les émotions qu’il lui inspire, grâce aux ondes qui se dégagent des lieux et des gens. Son feeling le guide pour prendre ses décisions.

L’émotif et le rationnel ne parlent pas le même langage et n’accordent pas d’importance aux même éléments dans une situation, il est tentant pour l’un ou l’autre d’invalider ce que son partenaire lui exprime.

Prenons Claude et Carole, Claude est un homme qui aime parler de politique, d’économie avec les gens autour de lui tandis que Carole préfère discuter avec les gens de ce qu’ils vivent personnellement, au travail, avec leurs enfants…. Ils ont souvent des conflits qu’ils n’arrivent pas à résoudre et qui les amène à se taire et supporter beaucoup de non-dits. Car quand Carole exprime un désir par exemple d’un projet d’avoir une verrière derrière la maison et qu’elle est emballé par l’émotion, Claude va tout de suite lui expliquer que ce n’est pas le bon moment financièrement, les vacances ont coûté cher, la rentrée scolaire arrive….. Ce qui a pour impact sur Carole de briser son rêve.

Leur grand défi c’est la communication. Le défi du rationnel est de se taire pour ressentir son état intérieur et laisser à l’émotion de l’autre un peu de place pour s’exprimer et être reconnue. Et l’émotif doit faire l’effort de mettre des mots sur ce qu’il ressent. Et la seule façon pour lui d’y parvenir est de sentir que son émotion est légitime et prise en considération dans la discussion.

4) Actif et rêveur

L’actif a besoin d’être en action, de réaliser des choses, de démarrer au quart de tour. Il a toujours une liste de choses à faire qu’il priorise avant de profiter de la vie.

Le rêveur : Sa nature même, ses réflexes premiers, ses choix, spontanés le poussent instinctivement vers la réalisation de ses aspirations profondes. Il favorise toujours l’idéal amoureux ou la promesse de cet idéal et les voies pour y accéder.

Le couple actif-rêveur :

L’actif et le rêveur ont tout pour se compléter : c’est le « to do« qui rencontre le «tout doux «. Le rêveur a plein d’idées, mais il est souvent dépourvu quand vient le temps de les concrétiser. Le fait de s’allier à un actif lui permet de se réaliser. Et comme l’actif a de la difficulté à se déposer tant qu’il reste des choses à cocher sur sa liste, il a besoin du rêveur pour apprendre à ralentir sinon, il ne s’arrête jamais.

Corine et Daniel, un couple tout ce qu’il y a de normal, ont chacun un emploi et deux enfants au primaire. Pour illustrer leur pattern, parlons de leur été au camping, Daniel est le gars qui pense à tout, il a même une liste pour ne rien oublier, il pense à toute la préparation, faire l’épicerie pour les repas, les jeux pour le week-end, le kayak, le jeu de cartes au cas où il pleut. Il s’assure que leur véhicule soit rempli d’essence, qu’il y ait le bon niveau d’air dans les pneus…… Corine de son côté s’occupe des enfants et de leur vêtements. Elle apprécie que Daniel soit aussi impliqué, le problème n’est pas là, c’est qu’au camping Daniel n’arrête pas, il s’occupe de faire des réparations sur la roulotte, jouer avec les enfants, les repas, le feu…… Alors que Corine aime prendre son temps, aller marcher dans les bois, sur la plage, observer les fleurs, pour elle c’est un temps de repos, c’est un temps pour s’évader. Elle aimerait que Daniel prenne le temps avec elle, mais il n’a pas le temps.

Le principal enjeu de la dualité actif-rêveur est l’intimité. En acceptant de partager au quotidien ce qui nous habite et en nous rendent disponible à écouter l’autre, à cœur ouvert, nous créons la proximité essentielle à la complicité dans le couple et nous évitons de nous perdre dans l’action ou de nous laisser envahir par nos états d’âme.

5) Vite et lent

Pour les vite, tout est urgent. Leur vitesse peut sembler superficielle. On peut même les juger de« botcheux». Le vite aurait intérêt à apprendre à lire les signes qui lui disent qu’il va trop vite. Il veut se débarrasser et risque de devenir impatient s’il ne réussit pas du premier ou du deuxième coup.

Les lents sont facilement distraits, ils peuvent parfois perdre un peu de vue leur objectif. Les lents ont besoin d’apprivoiser le moment où ils s’attaquent aux tâches et de comprendre le sens de leur efforts avant de pouvoir les aborder, les réaliser, les abattre.

Le couple : La dualité vite-lent se vit beaucoup quand vient le moment d’accomplir les tâches. Leur seule différence est dans leur façon de composer avec la pression.

Nathalie et Pierre forment un couple depuis 3 ans, ils sont très heureux ensemble sauf quand vient le temps de faire les corvées, c’est un moment de conflit à tout coup. Souvent c’est le samedi, Nathalie se lève, prend son petit déjeuner, écoute Salut Bonjour, relax devant son café quand Pierre est déjà en train de ranger, épousseter et sortir la balayeuse. Pierre veut se dépêcher pour faire quelque chose de plus agréable ensuite mais Nathalie aime prendre son temps, elle n’a que deux jours de congé. Pierre dit moi aussi je n’ai que deux jours c’est pour ça que je veux terminer au plus vite.

Pour se rejoindre le couple doit tenter de satisfaire les besoins de l’autre tout en acceptant de réfréner un peu son penchant naturel pour la vitesse ou la lenteur. Le lent doit accepter les limites de temps et le vite doit apprendre à attendre.